Tuesday, 10 December 2013

12 bonnes raisons d'engager une politique papier au bureau

Dans leurs bâtiments tertiaires, les entreprises surconsomment le papier sans en avoir (vraiment) conscience et ne profite donc pas des nombreux avantages sociétaux d'une politique papier ambitieuse, du fait de leur inaction.

Au niveau mondial, nous consommons plus de 400 millions de tonnes de papier/carton par an (1), c'est plus de 10 tonnes par seconde ! Depuis 2001, cette consommation a  progressé de plus de 20 points (+ 5,5 pour l'UE) et les projections sont inquiétantes car elles font état d’une hausse de 20 % d’ici à 2020. (2)
Au niveau de l'hexagone, un employé de bureau en consomme en moyenne 94 kg/an dont 55 kg de papier ramette (3). C'est l'équivalent de 22 ramettes ou de 50 feuilles/jour.
Toujours en France, ce sont 200 milliards de pages qui sont imprimées chaque année, soit 40 000 par minute (4) et pour une organisation de 100 personnes, le papier représente un budget pouvant aller jusqu'à 25 000 euros par an. (5)

Des coûts environnementaux cachés (Bois, Énergie, Eau et GES)

Cette (sur)consommation de papier a de nombreux coûts environnementaux. Les enjeux sont notamment liés à la déforestation. En 2011 en France, 76 % du papier graphique (ramettes, cahiers, livres…) sont toujours importés, alors qu’il existe une menace de voir ce papier provenir de zones à risque de déforestation.

Cette photo d'une zone de déboisement en Indonésie rappelle l'importance des forêts comme réserves de 80 % de la biodiversité terrestre et comme puits de carbone (entre autres).

Il faut donc bien avoir en tête que les forêts sont indispensables à notre survie en tant qu'espèce. Rien de moins.

Dernière info sur les enjeux liés à l'exploitation du bois pour la fabrication de pâte à papier : pour fabriquer une ramette de papier de bureau issue de fibres vierges (2,5 kg), il faut plus de 7 kg de bois (6). Cette industrie consomme d'ailleurs tellement de bois que 40 à 50 % des volumes de coupes dans le monde servent à fabriquer du papier. (7)

De plus, l’industrie papetière même si elle a fait des efforts en Europe consomme tellement d'énergie qu'elle est la 5ème plus grosse industrie consommatrice d’énergie au monde. (8)

Fabriquer du papier nécessite aussi d'énormes quantités d'eau : 130 litres par ramette pour reprendre mon exemple d'une ramette. (9)
Et enfin, dernier impact environnemental, et non des moindres, la production d'une ramette envoie l'équivalent de 2,6 kilos de CO2 dans l'atmosphère. (10)

Une réglementation trop peu contraignante

Alors après ce rappel des enjeux liés à la production, un peu de légèreté pour vous rappeler la réglementation en matière de traitement des déchets de bureau.
Pour les entreprises tertiaires, elle concerne principalement le papier/carton, les bouteilles plastiques, les canettes, les Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques (DEEE), les ampoules, les piles et dans une moindre mesure le verre.
Sans rentrer dans les détails, il est important de se rappeler que le producteur de déchets est responsable de leur traitement  jusqu'à leur élimination qui se fait, bien évidemment, hors de ses bâtiments.
Parmi ces déchets, les plus nocifs, les plus polluants sont bien connus et l'importance d'un traitement spécifique est assez évident. Cela concerne notamment les DEEE, les ampoules et les piles.
Cependant, 80 % de nos poubelles de bureau sont remplies de papier (11) (et de carton) et là, les obligations légales sont moins bien connues. C'est normal, elles sont moins contraignantes.

Sachez tout de même que (je cite) « (...) les déchets de papier/carton ne doivent être ni abandonnés, ni brûlés à l'air libre. » et que seuls les déchets « ultimes » peuvent être admis en décharge. Normalement donc, ces déchets, même non dangereux, doivent être valorisés.

« Normalement », parce que dans les faits, nous savons tous qu'il n'en est rien puisque, en France, seuls 15 % des papiers de bureau sont recyclés(12)

L'importance du recyclage pour une économie circulaire

Malgré les efforts de collecteurs toujours plus nombreux, gros (Paprec, Veolia, CRDP...) et petits (ELISE, Le Petit Plus, Triethic...), ces derniers venant pourtant jusque dans le bâtiment au bureau même de chaque collaborateur, deux freins majeurs subsistent à l'émergence d'une généralisation de la boucle vertueuse du recyclage.
taux-utilisation-fibres-recyclees-papier-wwf-riposte-verteLe premier frein vient de la collecte : avec 85 % des papiers de bureaux encore détruits en décharge ou incinérés, la performance des acteurs tertiaires est préoccupante. En France, le gisement total inexploité est estimé à environ à 1.7 millions de tonnes dont 1/3 dans les bureaux. (13)

Le second frein est consécutif des mauvais chiffres d'achat de papier recyclé. En effet, le taux d’incorporation moyen de fibres recyclées dans les papiers d’impression écriture se situe aux environs de 10 %, alors qu’il est proche de 95 % dans le domaine du papier journal. (14)

C'est très bien de recycler son papier mais encore faut-il soutenir la filière et acheter du papier recyclé pour ses usages courants au bureau (et à la maison) car depuis 10 ans, ce chiffre a très peu progressé et se situe quasiment au même niveau qu'en 2000 (15).

Les bénéfices d'une consommation maîtrisée de papier responsable recyclé en fin de vie
Ainsi, mettre en place une politique papier en entreprise apporte des bénéfices sociétaux d'autant plus importants qu'ils sont nécessaires à une démarche de maîtrise des consommations et de collecte des papiers de bureau (responsables !).
Ces avantages, si on essaie d'en tirer une liste détaillée, concernent notamment :
Conformité réglementaire
o « le papier doit être valorisé » ;
o exploitation du barème éco-différencié Ecofolio ;

Bénéfices économiques
o baisse des dépenses d'achat de papier ;
o baisse des dépenses de matériel d'impression, consommables, entretien, etc. ;
o baisse des dépenses d’élimination (sélective) des déchets, sachant qu'elle coûte entre 20 et 40 € par an et par salarié. 
(16)

De plus, pour la société dans son ensemble, le bénéfice environnemental du recyclage s’élève entre 211 et 408 € par tonne de papier/carton recyclé en comparaison à la tonne de papier/carton éliminée par enfouissement/ incinération (17). Avantage sociétal supplémentaire donc.

Bénéfices environnementaux et énergétiques
o un impact environnemental de l’organisation plus faible (économie d’eau, baisse des émissions de CO2, moins de déchets…) ;
o disponibilité de bois pour la filière bois énergie.

Progrès sociaux en interne (je ne parle même pas des avantages pour les populations qui habitent les forêts préservées - Label FSC).
o davantage de cohésion à tous les niveaux de l’organisation, grâce à la fédération des équipes autour d’une thématique commune et « visible » ;
o sensibilisation des collaborateurs à une attitude « durable », particulièrement en lien avec 
une politique RSE globale ;
o avantages spécifiques de collecteurs reconnus Entreprises Adaptées.

Avantages marketing
o meilleure image de l’organisation, tant en interne qu’auprès de ses parties prenantes extérieures : clients, usagers, investisseurs, etc. ;
o support de communication idéal pour cet engagement concret dans une démarche globale de développement durable.

J'en oublie ?

Cyril

riposteverte.com

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