Monday, 18 April 2011

Écrans publicitaires numériques et schizophrénie d’État

Préparez-vous, ils arrivent ! Les écrans publicitaires numériques, ces grandes télévisions de plusieurs mètres carrés, vont bientôt faire leur apparition massive dans nos villes. Vous en croisez déjà dans dans les couloirs du métro parisien et certaines communes, mais ce n'est rien à côté de ce qui se prépare pour les cinq années à venir.

Tous les afficheurs prophétisent l'avènement de ce nouveau support, JC Decaux en tête.
Visibilité décuplée, optimisation du ciblage marketing, réduction drastique de la main d'œuvre et hausse du chiffre d'affaires sont les arguments qui les font saliver. Enrobés dans le discours de la modernité technologique, ils endorment la méfiance de la population et des politiques pour faire passer la pilule.

Il n'est pas nécessaire de refaire le débat entre le progrès technologique et celui pour la société. Si l'intérêt économique de quelques entreprises est bien perceptible, collectivement, nous n'avons strictement rien à y gagner.

LA TÉLÉ DANS L'ESPACE PUBLIC POUR MIEUX NOUS LOBOTOMISER
Bien au contraire ! L'écran de télévision, symbole d'aliénation, arrive dans l'espace public. Accompagnant les changements de société des dernières décennies qui ont provoqué le repli sur la sphère privée et l'éclatement des liens sociaux, la télévision et son « temps de cerveau disponible » ont un lourd passif.


Le défilement ininterrompu d'images a la formidable capacité d'empêcher la communication et la réflexion. Il suffit d'observer l'attitude d'un groupe d'individus dans une pièce à partir de l'instant où la lumière jaillit du poste.

Voyez les écrans installés dans les bureaux de Poste pour mieux nous faire patienter ou ceux dans certains transports en commun ou dans des brasseries. Rassurer, apaiser, pacifier. Tels sont les maîtres-mots ; bref, lobotomiser. L'arrivée de ces écrans dans la rue est donc loin d'être anodine. Espace public par excellence, lieu d'échange et de socialisation, à son tour colonisé.


UN GASPILLAGE ÉNERGÉTIQUE ÉTALÉ AU GRAND JOUR
Ces écrans représentent une triple pollution. A la pollution mentale que nous venons d'évoquer, s'ajoutent une pollution visuelle et environnementale.

La suite de cette tribune sur Rue89.com ou directement sur le site du Collectif des déboulonneurs.

Emmanuelle


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